SEX TOYS- Le vibrant Succès !!!

Coquins Coquines on Nov 12th 2008 07:24 pm

images.jpgQue cache le vibrant succès des sex toys?Source : Tribune de Genève 12.11.2008

CÉCILE DENAYROUSE

A moins d’avoir exclusivement fréquenté des ours des cavernes ces dernières années, impossible d’être passé à côté du phénomène sex toys. Ces petits objets se sont à ce point immiscés dans notre vie privée que l’émission Temps Présent s’y intéresse. Demain, la première partie de soirée leur sera consacrée, avec la diffusion de Sex Toys Stories, un reportage signé Anne Deluz et Béatrice Guelpa.
Mais que peut-il donc y avoir de nouveau sur la planète vibro qui n’ait pas déjà été encensé, décortiqué et analysé par des experts ou les médias? «L’idée de ce reportage est née ­justement de la profusion de communication autour de ces nouveaux venus, explique Anne Deluz. Nous avons voulu savoir dans quelle mesure, derrière cette dictature de l’orgasme et ce discours uniformisé, ces objets aidaient ou non réellement les femmes, mais également à qui et comment on les ­vendait.»

Car c’est un fait: les emblématiques canards en plastique vibrants s’achètent désormais en grande surface. Quant au dernier cri en matière de soirée, il porte un nom qui ne laisse guère de place à l’imagination: les réunions Fucker-ware. Comprenez soirées Tupperware au cours desquelles les joujoux sexuels remplacent les célèbres boîtes de conservation. Succès galopant. Les femmes se seraient-elles libérées au point de revendiquer une sexualité aussi décomplexée?

images2.jpgUne chenille sur la baignoire
Pas si simple, si l’on en croit Nicolas Bellanger, le patron du Mea culpa, l’un des sex-shops qui ornent les trottoirs des Pâquis: «Le sex toy, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Cette abondance de formes ludiques, colorées et fun masque un réel manque d’information. Dans le cadre de mon métier, je constate régulièrement que les femmes ne connaissent tout simplement pas leur corps et son fonctionnement.» Un avis partagé par Corinne*, organisatrice de soirées Fuckerware en Suisse romande: «Elles en ont vu à la télévision ou dans des magazines féminins mais beaucoup ne savent pas forcément à quoi sert un sex toy ni comment l’utiliser.»

Les Romands se seraient-ils empressés de céder à une mode à laquelle, finalement, ils n’entendent rien? Car ne nous leurrons pas, l’avènement de ces vigoureux gourous de plastique s’apparente à une bête révolution marketing. «On y exploite le discours sur la libération de la femme pour vendre toujours plus, résume Béatrice Guelpa. Aujourd’hui, nous sommes dans une culture de la performance, il n’y a plus de place pour les problèmes sexuels. Les femmes n’osent pas poser les questions qui les préoccupent réellement.» La dictature du paraître devient une norme où laisser traîner «l’air de rien» une chenille-vibro sur le bord de sa baignoire revient à passer insidieusement le message à ses invités que l’on est moderne et sans tabou. De même, on préfère parler de sex toy, anglicisme furieusement tendance, plutôt qu’employer le terme godemiché. Pas très glamour le mot godemiché.

Appréhender en touchant
Reste que la branchitude devient une religion. Et même la déferlante Internet ne semble pas enrayer la machine. Si les enseignes virtuelles sont de plus en plus nombreuses à sévir sur la Toile, les ventes en sex-shop ne fléchissent pas: «Au contraire, les gens sont plus enclins à venir en magasin. Ils repèrent les produits qui les intéressent sur le Net, et débarquent ensuite les acheter chez nous», affirme François, responsable du sex-shop Subslation X-World, rue de Neuchâtel. «Internet ne permet pas de toucher tous ces nouveaux gadgets intimes, précise à son tour Nicolas Bellanger. Les clients préfèrent pourtant se faire une idée de la texture ou de la maniabilité de tel ou tel objet, du coup ils ne restent pas derrière leur écran.»

images3.jpgLes conséquences de la déferlante sex toys se mesurent avec des tout petits riens. Le Mea culpa a progressivement invité la lumière du jour à caresser ses rayons les plus équivoques, autrefois exclusivement éclairés par des néons artificiels. La population qui fréquente ces lieux, auparavant estampillés glauques ou pervers, se diversifie: des femmes seules ou des jeunes couples n’hésitent plus à franchir la porte de l’un des nombreux sex-shops de Suisse romande. Et Corinne, 42 ans, qui témoigne dans l’émission diffusée demain soir, n’aurait jamais imaginé il y a dix ans vivre un jour de la vente de jouets sexuels.

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