SEXE | Les exploitants espèrent que le projet de loi de Moutinot sera synonyme de plus d’égalité.
Coquins Coquines on Mar 16th 2009 09:35 pm
Les contrôles ne font pas peur aux gérants des salons de massage
Source : Tribune de Genève. CHLOÉ DETHURENS | 11.03.2009
Nous subissons déjà des contrôles une fois par mois.» Lisa, patronne du salon Venusia à la rue Rodo, ne craint pas la mise au pas du marché du sexe annoncée par le Conseil d’Etat. Pour elle comme pour beaucoup d’autres établissements ayant pignon sur rue, ce projet de loi est inutile, mais pourrait être une réelle aubaine: face à l’explosion du nombre de prostituées à Genève, il permettra de mettre tous les établissements - salons, agences d’escorte, cabarets - sur un pied d’égalité.
Cent quarante salons de massage et quinze agences sont actuellement répertoriés à Genève. En 2008, ce sont 356 nouveaux travailleurs du sexe qui se sont inscrits auprès de la Brigade des mœurs. Face à cette prolifération, les établissements plus importants semblent se réjouir de la future loi en préparation. «Des contrôles accrus permettraient de faire un peu de ménage», estime Flavio, de l’agence d’escorte Elite Dreams. «Sur le nombre total d’établissements, seuls vingt sont sérieux. Le reste, c’est du n’importe quoi: des salons dans des appartements, avec des filles non déclarées.»
En revanche, la plupart des établissements imaginent mal comment les contrôles pourraient être plus stricts qu’ils ne le sont déjà. «Nous devons envoyer la liste de nos filles à la Brigade des mœurs chaque trimestre», ajoute Flavio. L’entrepreneur est rejoint par le directeur de l’agence Féline, basée à Genève: «Chacune d’entre elles doit se déclarer. Même si une fille de notre agence de Londres veut passer un week-end à Genève avec un client, elle doit venir s’y inscrire avant sa «mission». A part en se faisant passer pour un client et en louant une suite dans un cinq-étoiles, je vois mal comment ces contrôles pourraient être intensifiés.»
De nombreux exploitants disent approuver l’interdiction aux moins de 18 ans de se prostituer. «La plupart d’entre nous sommes parents, explique Lisa. Mes filles ont cet âge-là. C’est pourquoi je ne veux pas de gamines ici.» Pour Linda, responsable d’une agence d’escorte, «on n’a pas le droit d’enfoncer de jeunes adultes dans une sorte de marginalisation. Après, chacun avec sa conscience!» Même son de cloche du côté de la tenancière du Cosy Club, à la rue des Savoises: «Cette décision ne me dérange pas car je n’emploie aucune mineure. Au contraire, cela va permettre de limiter les abus.»
Mais pour beaucoup, interdire la prostitution aux moins de 18 ans est tout bonnement inutile. «Dire qu’il est légal de se prostituer lorsque l’on a 16 ans est très théorique, explique Marie-Jo Glardon, de l’association Aspasie. Car lorsqu’elles s’annoncent auprès des Mœurs, on demande à ces filles une autorisation parentale. L’augmentation du nombre de prostituées mineures est une rumeur, même si le fantasme est peut-être plus présent chez les jeunes d’aujourd’hui.» «Le phénomène des très jeunes prostituées est exagéré», poursuit le directeur de l’agence Féline. «Il s’agit bien souvent d’attrape-nigauds imaginés par des gens sans scrupule.»
Egalité avec les cabarets
Bien que dubitatifs sur l’utilité d’un tel projet de loi, salons et agences espèrent en revanche qu’il leur permettra enfin d’être traités d’égal à égal avec les cabarets. «Cela fait longtemps que nous demandons une égalité de traitement», conclut Lisa, suivie par plusieurs autres professionnels du milieu. «Les danseuses sont munies de permis L, un permis d’artiste, et ne sont pas déclarées aux Mœurs. Elles n’ont donc pas le droit de se prostituer! Avec ce projet de loi, toutes les prostituées seront enfin logées à la même enseigne.»
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